Modestes débuts
En 1889, le nouveau curé de Baie-Saint-Paul, Ambroise-Martial Fafard, fait l’acquisition de la maison de monsieur Édouard Boily pour y loger des personnes âgées, des malades et d’autres gens dans le besoin. L’Hospice Sainte-Anne, comme elle sera dès lors appelée, accueille ses premiers pensionnaires quatre mois plus tard, sous les bons soins de mesdames Dina Boivin et Olympie Simard.
Conscient de la nécessité de consolider les ressources humaines de l’hospice en plein expansion, le curé Fafard invite les Petites Franciscaines de Marie, un petit groupe de Tertiaires franciscaines établies à Worcester, au Massachusetts, à former leur noviciat à Baie-Saint-Paul. C’est ainsi que le 11 novembre 1891 arrivent à Baie-Saint-Paul quatre sœurs pour s’occuper des pensionnaires de l’hospice Sainte-Anne.
Dès 1893, l’hospice est agrandi d’une nouvelle aile, qui prend le nom de maison Sainte-Élisabeth. En 1897, c’est un bâtiment dédié à l’accueil des hommes qui apparaît, la maison Saint-Antoine.
Entre temps, les Petites Franciscaines de Marie ont prononcé leurs premiers vœux perpétuels et le développement spirituel de leur communauté se fait au même rythme que le développement temporel guidé par la vision du curé Fafard.
Croissance exponentielle
Le décès du curé Fafard en 1899 ne ralentit en rien la croissance de la communauté, bien au contraire. Le Couvent de l’Immaculé-Conception, maison mère des Petites Franciscaines de Marie, est construite tout près de la maison Sainte-Anne entre 1900 et 1904. En son cœur, la magnifique chapelle du Sacré-Cœur accueille, dans un cadre exceptionnel, toute la dévotion de cette communauté dont les effectifs ne cessent de croître.
Ni l’incendie de la Maison Saint-Antoine, reconstruite en 1906, ni les deux guerres mondiales ou la grande dépression, ne parviennent à stopper l’expansion du complexe conventuel. Ainsi, les Petites Franciscaines de Marie achètent en 1922 l’hôtel Victoria, devenu maison Sainte-Marie. Construite dans le cadre des célébrations du jubilé de 1939, le pavillon Sainte-Anne vient ensuite relier la maison Sainte-Marie et la maison Sainte-Anne. Enfin, le pavillon Durocher apparaît en 1960, derrière la maison Sainte-Elisabeth.
À ce complexe conventuel d’une taille impressionnante s’ajoutent d’autres infrastructures situées à proximité : la maison Saint-Joseph bâtie en 1926-27 devenue plus tard hôpital général, la grande ferme Saint-Ambroise et l’Ermitage érigés en 1942, la maison Jean XXIII acquise la même année, et la maison généralice achetée en 1948. Toutes ces infrastructures répondent aux besoins d’une communauté qui rassemble plus de 700 religieuses à son sommet démographique en 1956, en plus des pensionnaires.
L’heure des réflexions
Face aux changements démographiques au sein de leur communauté, les Petites Franciscaines de Marie amorcent une réflexion sur l’avenir de leur propriété et sur la pérennité de ce lieu emblématique. Cette démarche ouvre la porte à une nouvelle vision pour le site. Des acteurs municipaux et régionaux de Baie-Saint-Paul s’unissent autour d’une idée ambitieuse : transformer l’ancien complexe conventuel en un projet structurant, porteur de retombées sociales, culturelles et économiques pour Charlevoix.
À l’automne 2016, la ville de Baie-Saint-Paul devient officiellement propriétaire du complexe. Un organisme à but non lucratif, le Centre de gestion du complexe PFM, est créé afin d’assurer la gestion et le développement de ce joyau patrimonial.
Un nouveau projet
À l’issue d’un concours public, le complexe adopte le nom Maison Mère, en hommage aux anciennes occupantes et pour symboliser la nouvelle vocation du lieu. Près d’une centaine d’intervenants participent à des comités et chantiers afin de définir le modèle, les axes de développement et la vision stratégique du projet.
Une nouvelle image de marque est créée par l’agence Sid Lee, incluant un logo dans lequel on retrouve les trois clochers de Maison Mère.
Aujourd’hui, Maison Mère est un lieu de rencontre, de création et d’innovation. Projets culturels, événements, collaborations et initiatives citoyennes s’y déploient, contribuant activement au rayonnement de Baie-Saint-Paul et de Charlevoix. L’avenir de Maison Mère continue d’évoluer, fidèle à son héritage et tournée vers l’avenir. Chaque visite, chaque projet et chaque partenariat ajoute une nouvelle page à cette histoire en mouvement.
